La faible hausse des rémunérations en 2009 se confirme. Le ministère de l'Emploi a conforté ses prévisions de février: l'indice du salaire mensuel de base (SMB) a progressé de 1,9% sur un an, soit une augmentation de pouvoir d'achat de 1,1%, compte tenu de l'inflation.

Un niveau historiquement bas puisqu'il faut remonter à 1999 pour trouver une hausse plus faible (+1,7% sur un an pour une inflation à 1,2%).

Faible inflation

Le SMB reflète la variation moyenne des rémunérations des personnes en emploi et non l'évolution du revenu des ménages. Il diffère du salaire moyen par tête (SMPT) qui tient compte du temps réellement travaillé (chômage partiel, heures supplémentaires, temps partiel, etc.) et des primes éventuelles.

En 2009, le pouvoir d'achat des salariés a été soutenu par la faible inflation (0,8% entre décembre 2008 et décembre 2009) mais la courbe du SMB a plongé en fin d'année.

Cette dernière n'a progressé que de 0,2% au quatrième trimestre, selon les chiffres définitifs communiqués par le département statistique du ministère de l'Emploi et du Travail (Dares). Au troisième trimestre 2009, il avait augmenté de 0,5%, après 0,4% au deuxième et 0,8% au premier.

"Très modérée"

En 2008 et 2007, le SMB avait connu des hausses en apparence plus importantes (respectivement +3% et +2,6%) mais l'inflation avait été beaucoup plus forte (+2,5%).

Pour 2010, l'Insee prévoit une croissance des salaires "très modérée" en début d'année. "La hausse du chômage, bien que moins importante qu'au second semestre 2009, continuerait de peser sur les salaires" et "en termes réels, les salaires seraient freinés par l'augmentation des prix (...)".

Smic

La Dares a également confirmé l'estimation diffusée en février du salaire horaire de base des ouvriers (SHBO). Il a progressé de 1,9% entre décembre 2008 et décembre 2009 (+0,2% sur le trimestre).

L'indice SHBO entre dans le calcul de la revalorisation annuelle du Smic qui a lieu désormais tous les 1er janvier.

Cette année, comme les précédentes depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, le gouvernement a décidé une revalorisation minimale du salaire minimum de 0,5%. Une hausse jugée "insuffisante" par les syndicats partisans d'un soutien à la consommation et qui prédisent une hausse des conflits salariaux.